CONFERENCE DE PRESSE DE L'UDC
Au sujet du préambule élaboré par la Commission spéciale au congrès pour l'élaboration et le suivi d'accords économiques et sociaux
Au moment où la vie chère est l'expression d'une véritable contestation sociale, l'UDC déplore que le gouvernement n'ait pas choisi en priorité, au sein de cette commission :
de mobiliser des experts de l'autorité de la concurrence, souhait formulé avec insistance par l'intersyndicale, pour que des réponses immédiates soient apportées à la dérive des prix, au manque de concurrence et à l'absence de réalité des marges ;
de mettre en place un dispositif de lutte contre les positions dominantes dans la grande distribution (par exemple la loi anti-trust...) ;
d'instaurer un observatoire des prix et des marges, afin d'analyser le coût de la vie (niveaux de marges, formation des prix...).
En parallèle, nous assistons ces derniers jours, à une marche forcée en faveur de l'introduction d'une TVA orchestrée par le gouvernement Martin.
L'instauration de la TVA aura des conséquences négatives sur le pouvoir d'achat des calédoniens y compris sur notre tissu économique et nous insistons sur l'impact inflationniste qu'elle produira.
Dans cette réforme:
LaTVA vient s'additionner à la TGI (droits de douanes et autres taxes) ;
Les produits de première nécessité seront taxés au même taux que les produits de luxe ;
La TVA ne sera supportée que par le consommateur ;
La TVA occasionne des coûts de recouvrements, des frais de comptabilité nouveaux pour les entreprises: double déclaration à l'importation, nouveaux logiciels de facturation-comptabilité, déclaration trimestrielle de reversement ;
Une multitude de secteurs économiques classés hors champs de la TVA : agriculture, pêche, métallurgie-mine, eau-électricité, logement, santé...etc. Ces secteurs vont payer de la TVA, mais ne pourront pas la déduire ;
Pas d'élaboration de cahiers des charges et de fiche d'impact...
La TVA constitue une manne financière puisqu'il suffira d'augmenter son taux au congrès, à l'instar de la Polynésie qui est passée d'un taux initial de 4% à un taux de 16% aujourd'hui.
Cette réforme de la fiscalité indirecte, sans l'accompagnement immédiat de la réforme sur la fiscalité directe, fait craindre le pire à cette vie déjà trop chère et annonce des risques non calculés pour l'ensemble du pays.
Et le plus dramatique, c'est que le gouvernement Martin, n'envisage à aucun moment de s'attaquer aux niches fiscales, aux hauts revenus, aux grandes fortunes...
Sachez que l'avant-projet de loi du pays instaurant la TVA est déjà prêt pour une inscription à l'ordre du jour de la prochaine séance du gouvernement.
CONCLUSION:
Aujourd'hui, force est de constater que cette commission au congrès sert d'alibi pour imposer la TVA. C'est affligeant, la première réponse donnée à la vie chère par ce gouvernement est la création d'une taxe nouvelle à la consommation.
Ce préambule proposé par l'intersyndicale est riche d'engagements et pose des préalables qui, et c'est bien regrettable, sont tout bonnement ignorés des forces politiques signataires aujourd'hui.
Au travers de ce préambule, certains tentent de faire porter par les syndicats la responsabilité des effets négatifs qui seront induits par l'instauration d'une TVA.
Pour toutes ces raisons et parce que la réponse à la "vie chère" ce n'est pas une taxe, l'UDC ne signera pas le projet de préambule tel que proposé par la commission spéciale au congrès sur les accords économiques et sociaux.